Burqas, foulards et minijupes : Paroles d’Afghanes – Anne Lancelot

22153_1059096Mon avis :

Ce livre offre une vision plus large sur l’Afghanistan, plus particulièrement sur des femmes afghanes. En effet, la parole est accordée à quatorze femmes afghanes, de profil divers, mais qui occupent pour la plupart un poste important : chef d’entreprise, directrice / fondatrice / employée d’une ONG visant à aider les femmes etc. Ceci peut être regrettable, dans la mesure où les femmes afghanes ne sont pas entièrement représentées. Comment les femmes qui n’ont reçu aucune éducation font-elles face à aux différents régimes politiques qui déstabilisent le pays ? Anne Lancelot explique son choix ainsi :

 

Donner la parole à des femmes « de succès », des Afghanes qui ne sont ni des mendiantes, ni des veuves de guerre, ni des femmes enfermées dans leur maison, permettra, je l’espère de faire toucher du doigt la réalité de cette société en mutation. C’est aussi un moyen de rendre justice à ces femmes, de les écouter plutôt que de parler en leur nom et pour elles.

N’oublions pas non plus le contexte dans lequel Anne Lancelot a réalisé cette enquête, le danger et l’horreur de la guerre étant toujours décrits par les femmes interrogées.

A travers leurs témoignages, l’histoire d’Afghanistan est d’une certaine manière retracée à partir des Soviétiques (le gouvernement afghan a effectivement été soutenu par l’Union soviétique), suivi de l’occupation des moudjahidin et des talibans. Le lecteur assiste ainsi à l’évolution de leur place dans la société afghane, mais aussi celle de leur liberté. Certaines ont pu s’affirmer face aux coutumes (possibilité de poursuivre leurs études avant le mariage par exemple), d’autres les ont (in)volontairement suivis (notamment le mariage arrangé).

Leurs témoignages sont coupés et organisés sous des chapitres thématiques : un choix qui ne me semble pas judicieux, car je n’ai pas pu visualiser entièrement le parcours d’une femme d’un seul coup. Toutefois, l’essentiel de cet ouvrage restera dans ma mémoire.

Quelques citations :

Je constate que la vie des femmes est toujours faites de traumatismes. C’est comme ça que je le vois ; tout à coup vous devez vivre dans la maison de la famille de votre mari, dans un nouvel environnement, apprendre à connaître la belle-famille. ça a été un choc. (Mahbooba, p.168)

Comme moi-même aujourd’hui j’ai cette fierté de l’homme, si je me marie, je doute que mon mari puisse conserver la sienne. […] Les femmes n’aiment pas que les maris soient leur chef. (Gulalaï, p.214)

Autrice : Anne Lancelot

Calmann-Lévy (2008)

ISBN : 9782702138984

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