L’Ombre douce – Hoai Huong Nguyen

L'ombre douce Auteure : Hoai Huong Nguyen

Le livre de poche (2015)

ISBN : 9782253000761

Quatrième de couverture :

1954, dans un hôpital militaire de Hanoi, Yann, un soldat breton, est soigné par Mai. Ils tombent amoureux, mais le père de la jeune fille l’a promise à un autre. Elle s’insurge, elle est bannie de la famille… Ils se marient en toute hâte, avant que Yann rejoigne la cuvette de Diên Biên Phu. Après la défaite de l’armée française, Yann est emmené dans un camp d’internement.
Dans une langue poétique, avec grâce et pudeur, Hoai Huong Nguyen peint le Vietnam d’hier et un amour qui affronte la violence d’une guerre. L’histoire bouleversante de Mai et de Yann laisse percer la lumière des humbles héros qui croient à la liberté et à l’absolu malgré les vicissitudes de l’Histoire.

Mon avis :

L’Ombre douce a été une lecture surprenante. La cruauté se manifeste tout au long de l’histoire étonnamment à travers une écriture à la fois poétique et innovante, puisque nous trouvons dans un texte français, des caractères latins qui semblent étrangers aux yeux des lecteurs français. Une histoire cruelle parce que la femme vietnamienne n’avait pas la liberté d’aimer, la place de s’affirmer, à moins de quitter le cocon familial dont les coutumes et la mentalité conservatrice ne donnent raison qu’au chef de famille qui n’hésite pas à renier sa propre et unique fille pour garder la face. Une histoire cruelle parce que le Vietnam que peint Hoai Huong Nguyen était une société patriarcale, où seuls les hommes détenaient le pouvoir et l’abus.

Une histoire cruelle parce que le jeune Français, devenu soldat pour « voir autre chose », vivant constamment entre la terreur et la douleur, fait partie des soldats français oubliés de l’Histoire de France. Il fait partie des Français ayant trouvé l’amour dans cette Indochine belligérante, mais la femme de leur vie finit par devenir une fleur fanée, impossible à sauver. Il fait partie des Français incompris à leur retour, dans leur pays natal, traumatisés à vie, incurables et effacés de l’Histoire.

Malgré la guerre, malgré l’autorité patriarcale, une histoire d’amour naît entre Yann et Mai. Est-ce par amour fou ou par désespoir qu’ils s’entraînent dans leurs passions violentes ? Ou est-ce pour atteindre la liberté tant désirée ?

Une oeuvre qui emporte également les lecteurs aux violences et aux passions, qui illustre une partie historique aussi bien française que vietnamienne. Une oeuvre qui devrait s’inscrire dans la littérature française et francophone, plutôt que dans la littérature étrangère, puisque la plume aux origines vietnamiennes est avant tout née en France.

Quelques citations :

« Comme par un hommage ironique de la mort à la vie, on donna aux positions investies par les troupes françaises des prénoms de femmes qui devaient se mettre en cercle pour la bataille. Claudine, Béatrice, Éliane, Huguette, Françoise, Anne-Marie… »

« Certains pensaient que c’était le sens de l’honneur, l’envie de se battre pour son pays – ne plus pouvoir regarder ses frères mourir sans rien faire – le sentiment irrésistible du devoir – y aller – coûte que coûte – priant de voir en face la douleur et d’embrasser la violence de la mort. »

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