Entre ici et ailleurs – Vanyda

Entre ici et ailleurs Auteure : Vanyda

Editions Dargaud (2016)

ISBN : 9782505064718

Quatrième de couverture :

Coralie a 28 ans, un père laotien et une mère française. Elle vient de se séparer de son copain et habite seule pour la première fois de sa vie. Elle a du mal à sortir de chez elle, à part pour le boulot. Heureusement, son frère qui habite Paris passe la voir régulièrement.
Quand elle décide de s’inscrire à la capoeira, à la fois par défi et pour se forcer à sortir, elle n’imagine pas que grâce à ce sport brésilien, elle va en apprendre beaucoup sur ses origines asiatiques…

Mon avis :

J’ignore si les ouvrages sur les enfants d’immigrés en France et sur leur double culture/identité sont nombreux, mais les sujets, pourtant multiples, sont encore peu abordés à mon goût : la quête d’identité pour un enfant d’immigrés, la prise de conscience ou non et/ou le rejet de ses racines, de ses origines, du bagage linguistique et culturel de ses parents et du sien, l’héritage et l’histoire des parents que l’enfant porte en lui, l’immersion dans une double (voire triple ou mono) culture, le respect et la tolérance du multilinguisme et du multiculturalisme en France etc.

Cette bande dessinée, Entre ici et ailleurs, illustre comment Coralie finit par mieux se connaître, et c’est étonnamment grâce à la capoeira. Elle illustre la complexité de cette quête de soi : se rendre dans son pays d’origine ne suffit pas pour visualiser et comprendre la richesse patrimoniale et culturelle de nos racines. C’est par les interrogations que nous nous posons à nous-mêmes, ou à quelqu’un s’intéressant sincèrement et sérieusement à ces sujets, comme à ses amis de la capoeira, plus particulièrement à Kamel avec qui Coralie fera un voyage en Algérie. Voyager permettrait d’apprendre plus sur soi-même, même s’il ne s’agit pas de son pays d’origine.

En ce qui concerne les Français de souche, le regard qu’ils portent aux personnes comme Coralie révèle une sorte de hiérarchisation des couleurs et des cultures qui n’aurait pas dû avoir lieu d’être (mais bon, elle est encore existante au XXIème siècle) : lorsqu’elle a rencontré un certain Béranger, Coralie n’a pas été vue comme une citoyenne française, ni comme un individu, mais comme de l’exotisme. Notons également les propos des amis de Béranger, non perçus comme racistes, lors d’une soirée, qui semblent bien « troublés » par le fait que Bruxelles ne soit pas si blanche. Ce genre de réactions est-il normal dans une France qui a toujours accueilli l’autre ? Devons-nous voir systématiquement de l’exotisme chez chaque personne de couleur sur le territoire français ? Pourquoi seuls les Asiatiques ne seraient-ils pas concernés par le racisme ? Est-il réellement possible de se mettre à la place de l’autre ?

Heureusement, d’autres Français de souche n’ont pas cette vision (que je qualifierai de) colonialiste. Au contraire, ces personnes voient les personnes de couleur comme des individus qui renferment un parcours et une histoire uniques. On s’intéresse à cet individu, à son environnement, à ses projets, et la question de la culture revient toujours, quelles que soient ses origines. Cette question concerne finalement tout le monde. Les interactions et les relations ne peuvent se tisser que si l’on prend conscience de ce qui fait un individu. Finalement, Coralie finira par trouver l’homme de sa vie, un homme qui accepte toutes ses facettes.

Une bande dessinée fidèle à la réalité, apportant des pistes de réflexion pour les Français, immigrés ou non.

Quelques citations :

– C’est une vision de Blanc, ça, l’exotisme.
– Bah, j’trouvais que c’était mieux que quelqu’un qui occulterait complètement cette partie-là de moi…
– Hum… Il est pas obligé de passer par cette espèce de notion post-colonialiste pour ça ! Le mec qui ose me parler de mon exotisme, j’lui fous mon poing dans la gueule, direct !

Moi, je trouve qu’en ce moment, tu vois du racisme partout ! En plus, c’est pas comme si vous, les Asiatiques, vous étiez vraiment concernés par le racisme…

Je pensais retourner au Laos…mais finalement, j’ai l’impression d’en apprendre plus sur moi et mes origines en parlant avec toi qu’en allant là-bas !

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