Impertinentes – Nh Dini

Auteure : Nh. Dini (de son vrai nom Nurhayati Sri Hardini Siti Nukatin)

Le Banian (2013)

Traduction : Jacqueline Camus

ISBN : 9791091125086

Version bilingue français-indonésien

Quatrième de couverture :

Tout se passait comme si le sexe masculin pouvait disposer du droit d’agir à sa guise, dans ses attitudes ou pour sa conduite morale ! Mon désir d’être un garçon s’accompagnait du regret d’être née fille. Lorsque j’étais petite, j’aspirais à devenir grande le plus vite possible, car les enfants plus âgés et les adultes me semblaient plus libres de faire tout ce qu’ils voulaient. Maintenant que j’appartenais au monde des « grands », je voyais qu’à l’évidence ce monde restait la propriété des hommes.

Mon avis :

Il s’agit d’un recueil de sept nouvelles du même auteure dont la thématique principale porte sur la femme. Selon les nouvelles, le lecteur se place du point de vue du narrateur ou du point de vue de la personnage principale, et cela lui permet de s’ancrer dans l’histoire. Quel que soit le sujet abordé (traditions, prostitution, polygamie, modernisation etc), la femme est toujours en position d’infériorité face à l’homme, qui jouit de tous les droits. C’est également la femme qui, au sein d’une famille, dans le rôle de la mère ou dans le rôle de l’enfant, ou au sein de la société, est exposée aux injustices de la vie, comme le devoir de se conformer aux coutumes familiales plutôt que de suivre une nouvelle voie vers l’épanouissement, le fait qu’aucun homme, même les membres de sa propre famille, ne souhaite respecter le désir maternel, ou encore le fait d’être réduite à un objet de collection et de satisfaction de l’homme. Nous voyons également la difficulté (voire l’impossibilité) de mêler tradition et modernité pour que tout le monde soit satisfait.

Ce recueil de nouvelles m’a apporté de nombreuses réflexions sur les conditions des différents portraits des femmes que Nh. Dini a peints, et sur ce que je savais déjà, notamment à travers la littérature de Pramoedya Ananta Toer, et je constate à quel point il est (encore) difficile d’être une femme dans le plus grand archipel du monde, mais aussi dans d’autres régions. C’est sans doute l’un des seuls ouvrages indonésiens traduit en français qui parle de la femme, et je ne peux que le conseiller.

Titres des nouvelles (en français et en indonésien)

  1. Une rebelle, une fille maudite ! / Pendurhaka 
  2.  Où poussent les nouilles? / Pabrik
  3. Le temps d’un courrier. / Perjalanan
  4. Ngadirah a décidé. / Ngadirah
  5. Si la fin justifie les moyens. / Langit dan bumi sahabat kami
  6. Adolescence. / Kuncup berseri
  7. Mère Jum et le « vivre ensemble ». / Pirukunan

Quelques citations :

« Je suis la fille de mon père ; et je suis une fille d’aujourd’hui. Mère, vous ne devriez pas vous cramponner aux traditions stupides. Nous, nous ne voulons pas rejeter toutes les traditions, nous voulons seulement suivre celles qui sont bonnes et ne nous barrent pas le chemin vers notre idéal. Non, Mère, nous ne détestons pas les traditions, nous voulons seulement les passer au filtre. » (in « Une rebelle, une fille maudite ! », page 24)

« Faire des grandes études, ça lui servirait à quoi ? Une fille savante, c’est pas bon à marier ! » (in « Ngadirah a décidé », page 64)

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