Un étranger dans la forêt – Eric Hansen

 

Un étranger dans la forêtAuteur : Eric Hansen

Albin Michel (1990)

Traduction : Monique Lebailly

ISBN : 9782226049179

Quatrième de couverture :

« Kami takoot tuan sesat dalam butan ! » (Nous craignons que tu te perdes dans la forêt), répondent les Punans à Eric Hansen, qui malgré leur refus veut gagner la forêt pluviale de Bornéo, une jungle encore écologiquement intacte en 1982, au risque de sa vie. Il s’acharne, les convainc, part sans médicament ni boussole, ne comptant que sur la chasse et le troc pour survivre.

Quatre mois d’un voyage initiatique de 2 400 km et c’est un sauvage qui arrive à Long Bia à l’issue de sa traversée… Là, il éprouve le désir quasi incontrôlable de retourner dans la jungle, fait demi-tour, et retraverse Bornéo à la « saison de la peur » : on le prend pour un « bali saleng », moitié homme, moitié esprit, et il échappe de justesse aux flèches empoisonnées des sarbacanes !
Sans cesse observateur attentif des tribus, mais aussi amateur de prao, chasseur à la lance, danseur de cérémonie, il finit par pénétrer les mystères de Bornéo; son intégration est enfin accomplie, il n’est plus « l’étranger dans la forêt ».
Une forêt aujourd’hui sous la coupe réglée des compagnies forestières. Dès lors, cette épopée extraordinaire d’Eric Hansen est un témoignage unique sur une des dernières régions de notre planète à ne pas être encore totalement dévastée.

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Quelques photos prises lors de son expédition

Mon avis :

Il s’agit de mon tout premier récit de voyages (qui plus est, évoque la Malaisie !), que je devais lire dans le cadre de mon master. Eric Hansen a imaginé un idéal de la forêt de Bornéo et de sa population, même après avoir effectué une première expédition, mais une fois de nouveau sur place quelques années plus tard, cet idéal a été brisé : la forêt n’a pas échappé aux influences occidentales et a été en partie détruite par les constructions de barrages, le parcours qu’Eric Hansen a imaginé s’avère être plus difficile et plus rude, d’autant plus qu’à plusieurs reprises, il a rencontré de sérieux problèmes d’ordre interculturel avec la population locale.

Malgré tout, Eric Hansen est parvenu à réaliser son rêve : parcourir la forêt de Bornéo. Alors qu’il aurait pu abandonner et retrouver une vie bien plus confortable, il a au contraire cherché constamment à comprendre ce qui a échoué dans son expédition, ce qui a provoqué des réactions négatives de la part de la population locale. Eric Hansen a eu conscience que la langue ne suffit pas pour pouvoir communiquer avec l’autre (cet autre n’ayant par ailleurs aucune connaissance de l’Occident). De même, négocier avec l’autre, analyser leurs croyances qui paraissent aux yeux occidentaux absurdes, et justifier des actes interdits ou peu recommandés dans leur région à partir des critères occidentales ne leur permettent en aucun cas d’accepter un étranger d’intégrer leur société, de le prendre au sérieux malgré sa sincérité, et de lui faire confiance. A travers son récit, Eric Hansen nous a prouvé à quel point se mettre à la place de l’autre, respecter (et non tolérer) sa culture, ses coutumes, ses croyances constituent un travail considérable sur soi-même et indispensable pour pouvoir comprendre et mieux interagir avec l’autre, un travail qui n’est non seulement pas inné chez l’être humain, mais en plus qui n’est pas non plus systématiquement réalisé.

Un étranger dans la forêt m’a ouvert les yeux et m’a beaucoup surprise. Cette expédition a été réalisée dans les années 80, et pourtant, reste très actuelle quant aux interactions avec l’autre, à l’attitude que nous devons entretenir lorsque nous nous trouvons face à l’autre, que ce soit en Malaisie ou dans une autre région. Pour m’être rendue plusieurs fois en Malaisie, pour avoir participé à plusieurs événements indonésiens et malaisiens en France (en tant que spectatrice ou en tant qu’organisatrice), il y a une certaine manière d’établir un échange avec eux si nous sollicitons leur aide, la langue ne suffisant pas.

C’est également un véritable joyau, tant sur le plan ethnologique, anthropologique, linguistique, littéraire, que sur le plan interculturel. Bref, un coup de cœur pour moi qui suis toujours à la recherche constante d’informations sur ce pays. Malheureusement, il n’existe pas de réédition pour cet ouvrage, en plus d’être difficilement trouvable.

Quelques citations :

« Ce qui me soutint, ce fut l’idée, acquise au cours de mes huit années passées en Asie, que les ennuis ne durent pas éternellement. Avec de la patience, beaucoup de patience, on finit par en sortir. »

« Tout le monde croit, à tort, que si un voyageur a des ennuis à l’étranger, il peut toujours s’adresser à son ambassade ou à son consulat, qui lui viendra aussitôt en aide. »

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